Cent ans de solitude
Par Vincent François le jeudi 24 avril 2008, 21:48 - Littérature - Lien permanent
Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez, est un chef d'oeuvre universel qui vient en appui de ma réflexion sur notre monde.

Je l'ai lu tout à fait par hasard, avec comme seul critère la notoriété de l'auteur. J'avais lu quelques semaines auparavant La maison aux esprits d'Isabel Allende, la fille de Salvatore, et j'ai été frappé par la ressemblance. Une histoire de réalisme magique qui mixe des éléments basés sur des faits réels à des passages merveilleux voire loufoques.
Bon, c'est vrai que c'est un peu touffu, qu'il y a une kyrielle de personnages et qu'en plus ils s'appellent presque tous pareil... Mais bon, derrière cette réalité magique et la poésie qu'elle offre, on retrouve de nombreux questionnements de notre époque et c'est un des très grands intérêts non littéraires de ce livre..
Le réalisme magique qui nous fait douter de l'existence même des guerres du vieux colonel Aureliano Buendia - qu'on a pourtant suivies de près au fil des pages et des gouvernements - ou du témoignage du massacre de la manifestation, est le même qui fait croire la version officielle des attentats du 11 septembre 2001, les manipulations de la "guerre au terrorisme" ou qui fait voter Sarkozy...
D'ailleurs, j'ai été enchanté d'apprendre que Romain Gary, qui est sans doute mon auteur préféré, considérait Cent ans comme son roman préféré. Quel plaisir de voir se dessiner une cohérence entre des goûts, des rencontres littéraires, souvent le fruit du hasard.
Ça me rappelle le même plaisir que j'avais ressenti, il y a vingt-cinq ans quand j'avais découvert que Fats Waller avait chanté 50 ans avant Jacques Higelin le même Hold tight. Quand les héros de mes héros sont mes héros, c'est bête, mais c'est chouette! Ou plus récemment, en voyant se dessiner une autre cohérence plus politique et sociale entre des auteurs, des émissions de radio, des activistes, des partis...