Sur place : manif illégale nocturne à Montréal
Par Vincent François le samedi 19 mai 2012, 22:38 - Actions - Lien permanent
Je suis allé me rendre compte sur place, voir s'écrire dans la rue l'histoire du Québec. Je suis donc allé à une manifestation nocturne de Montréal - la 23e - avec les méchants casseurs, les violents anarchistes et les étudiants irresponsables.
Il y a bien longtemps que j'ai compris que les manifestations servaient au moins autant aux échanges qu'on y pratiquait, à la compréhension des événements et à l'énergie qu'on pouvait y puiser qu'à faire plier le pouvoir, quel qu'il soit.
Depuis celle d'avril 2001 au sommet des Amériques à Québec, qui avait été pour moi un baptême du feu, aux sens propre et figuré, j'ai participé à nombre d'autres manifestations, des grandes, pacifistes et joyeuses, des petites, plus tendues et plus tristes.
Photo de JustinLing)
De retour de Québec, j'avais suivi pendant trois heures dans le bus sur Twitter (#ggi et #manifencours) les mouvements du début de soirée dans les deux villes et j'ai décidé d'aller rejoindre celle de Montréal dés mon arrivée vers 23 h 30. Le temps que j'arrive, la manifestation s'était éloignée vers l'ouest et quand je l'ai enfin rattrapée, elle venait juste d'être déclarée illégale par a police.
Une manifestation illégale nocturne après 14 semaines de grève étudiante et surtout l'annonce par les boutefeux du gouvernement libéral du passage en force d'une loi spéciale, à quoi cela pouvait-il ressembler? J'ai mieux emballé mon ordinateur dans mon sac, allégé mes poches, planqué mon canif, sorti de mon portefeuille un billet de banque pour une autre poche et je me suis approché.
Je n'étais ni là pour provoquer, ni pour me faire attraper dans un mouvement de foule mais pour mieux comprendre mon époque et les jours charnières que nous vivons au Québec. Voici ce que j'y ai vu et entendu, j'ai même enregistré quelques moments chauds.
Manif illégale
Tout d'abord, quand la manifestation a été déclarée illégale, vers minuit trente, nous étions au coin de Ste-Catherine et Dummond, les manifestants sont remontés vers le nord avec des slogans pour rester groupés, suivi par les policiers casqués, sans bouclier ni masque. Dans les rues autour, des colonnes de voitures et mini-bus de police attendaient d'intervenir. Quelques grenades ont été tirées.
Puis les manifestants se sont divisés en petits groupes, le plus souvent pacifistes, chantant ou clamant quelques slogans classiques comme « Police partout, justice nulle part ».
Le quartier étant assez vivant, il n'était pas surprenant de trouver ces groupes de jeunes discutant sur beaucoup de sujets, souvent politiques ou sociaux. Bref, la tournure générale me semblait à la fois calme et chaotique, car j'ignorais si le gros de manifestation était encore entier ni où il avait disparu.
Mais ce soir-là les policiers semblaient chercher la bagarre et je les ai vu à de nombreuses reprises provoquer les groupes de jeunes sur les trottoirs. Une petite troupe de policiers était en vélo et se déplaçait rapidement en fonçant sur un groupe pour l'impressionner et lui intimer l'ordre de se disperser avec de solides arguments comme « Taisez-vous, arrêtez de parler de Charest, les rouges! ». Le groupe se dispersait ou répondait. Dans ce dernier cas, le ton montait et les policiers jouaient les durs en provoquant toujours plus.
À d'autres moments, les provocations partaient des manifestants qui criaient « Cochons ! » au passage des flics en vélo à un carrefour. Ceux-ci se retournaient immédiatement vers le groupe pour identifier le fauteur de trouble. Immédiatement, de l'autre coin du carrefour, un autre manifestant répétait « Cochon » forçant les cyclistes à se retourner vivement et ainsi de suite. Rapidement, les policiers se regroupaient et, fonçant dans le tas, se saisissaient d'un ou deux manifestants. Les cris augmentaient, les slogans aussi, comme le grec « Flics, porcs, assassins ! » (Batsi, gouronia, dolofoni !). Quelques coups, une tentative de retenir le camarade attrapé, les renforts de police arrivaient sirène hurlante et on embarquait le manifestant... 122 arrestations dans cette nuit.
Ensuite, le camion à haut-parleurs grillagés venait répéter sa ritournelle « La manifestation est illégale. Vous devez vous disperser et marcher sur les trottoirs. Ceux qui marchent dans le rue seront arrêtés. Vous ne devez pas rester aux coins des rues. Ceux qui restent seront arrêtés... »
On a relaté qu'ailleurs, un policier avait insulté deux manifestantes en les traitant de laides et de lesbiennes...
Bref, j'ai été assez étonné de voir cet acharnement continu des policiers et il n'y avait vraiment pas d'un côté un désordre et de l'autre un ordre, mais plutôt une présence provocation bon enfant des jeunes encore présents.
Depuis cette soirée, la loi honteuse a été passée en force, elles est complètement ridicule et à part les petits soldats-députés du parti libéral qui l'ont votée sans le moindre geste de retenue et le conseil du patronat qui est toujours partant pour une société à la botte pour faire tourner ses entreprises, tout le Québec est partagé entre l'horreur rétrograde et fasciste du texte et la franche rigolade sur l'application de certains articles.
Depuis cette soirée, assez classique, trois autres manifestations de nuit illégales se sont déroulées. Celle de ce soir, samedi 19 mai, est déclarée « illégale mais tolérée » par la police de Montréal... Amusant. Une marque de bonne volonté de la part de la police, certes, mais aussi une sacrée confusion des genres, dans l'esprit de cette loi 78 qui permet au gouvernement et à la police de jouer le rôle de la justice, bafouant la classique et fondamentale règle de partage des pouvoirs en démocratie.
Commentaires
À peine mon billet parti que la manif de ce soir dégénère pas mal, et d'après les témoignages sur Twitter, plutôt du fait de la police.
#manifencours : https://twitter.com/#!/search/%23manifencours (Attention, l'adresse passe mal dans le commentaire.)
j'y étais ce soir (samedi 19). La manif n'était pas encore en branle qu'elle était déjà illégale. Au début, l'ambiance était bon enfant - toujours autant d'humour dans les slogans: on est plus que cinquante par exemple.
Mais quand nous sommes entrés sur le campus de Mc Gill, nous nous sommes tous sentis un peu inquiets. Quand nous avons entendu un grand bruit, nous nous sommes dits qu'il était temps de partir. Nous avons rebroussé chemin pour arriver sur Sherbrooke, l'anti-émeute a débarqué. En remontant vers Prince-Arthur nous avons décidé de retourner à la maison. Au coin de Berri et Ontario, nous avons vu l'anti-émeute charger encore une fois.
Pour le moment, c'est la foire dans le quartier. Sirènes, hélico, policiers, manifestants, feu au coin Berri et Ontario... Enfin, tu peux imaginer la scène!
Partout dans le monde les peuples cherchent les voies de la libération de l'exploitation capitaliste.
Les formes prises de cette résistance sont diverses et variées, les revendications plus ou moins spécifiques.
Ce qu'il est très important de noter, c'est qu'il est une chose commune à tous les mouvements.
Les revendications se heurtent au fait que les pouvoirs refusent de satisfaire les peuples au nom de la dette.
Pas un pays qui n'est pas couvert de dette, et cette dette est un montage financier pour asservir et saigner les peuples.
Le mot d'ordre international à reprendre est :
Cette dette n'est pas la notre, nous ne la rembourseront pas !
Salut et fraternité au Québec
Amitiés résistantes
Navajo
Comment être participant à ce réveil du Québec?
Je me rends compte qu'enfin, après des années de confiscation du débat politique par la seule question d'indépendance ou pas, le débat gauche droite-progressiste conservateur... est en train de s'inviter au Québec.
Merci de tout cœur aux étudiants pour nous avoir réveillés de nos torpeurs.
Ils nous posent la question : "quel type de société voulons-nous"?
Une société marchande ou tous ne répond qu'à la loi de l'offre et la demande. Comme le propose ce gouvernement.
Une éducation compétitive disait Charest.
Ou un monde ou l'éducation est un droit universel pour faire grandir l'esprit de tous et améliorer notre société.
Une société dirigée par des élites au service d'intérêts trans nationaux ou une réelle démocratie respectueuse de l'avis de chacun comme le propose le fonctionnement même de la CLASSE?...
Ne nous trompons pas et ne tombons pas non plus dans l'idéalisme.
Qui est en "grève"?
Les étudiants en philo, en travail social, en art, en socio en droit peut être...
Tous ceux qui cherchent un métier pas très rémunérateur mais où ils pensent pouvoir "changer le monde"
Pas les étudiants qui cherchent une bonne formation pour faire une bonne job et faire de l'argent.
Pas HEC, pas administration, pas ingénieur, et surement pas... techniques policières!!!
La société québécoise se polarise et il va falloir choisir son camp.
Mais que pouvons nous faire nous qui ne sommes plus d'âge à aller sur les barricades?
Si nous ne voulons pas nous contenter de participer aux manifestations et être en quelques sortes, juste "voyeurs"
Certes, nous pouvons être témoins.
Nous pouvons porter le carré rouge partout où nous sommes. Dans nos milieux de travail, dans nos assemblées de parents, devant nos voisins, nos connaissances etc.
Accepter les regards gênés et parfois hostiles. Parce qu’il ne faut pas se tromper la société québécoise matérialiste est hostile au changement, est Hostile à cette jeunesse qui remet en cause ses dogmes.
La réponse apportée par cette société d’accord à plus de 60% avec la loi 78 est bien plus violente que les étudiants. L’accusation de « terrorisme!!! » officiel porté contre les 4 jeunes qui somme toute n’ont envoyé que des fumigènes dans le métro. Le ticket de 150$ donné avant la loi à un jeune que je connais alors qu’il prenait des photos etc…
Tout cela nous montre que le débat se polarise. Et qu’il n’est pas fini. Et que les adversaires sont prêts à tout pour réprimer le changement. Il y a trop d’intérêts en jeu.
Alors usons de nos mots de la parole pour expliquer, faire comprendre que ce débat va plus loin que la simple question de l’éducation au Québec, pour expliquer qu’il s’agit de choix de société à l’échèle de la planète, pour démentir les mensonges relayés dans le médiats.
Il n’y a pas de neutralité possible, plus de « ni droite ni gauche ».
S’engager sortir des partis politiques traditionnels PQ et QS compris qui cherchent à récupérer le mouvement.
Et accepter une forme de chao en espérant que ce cette jeunesse en effervescence naitra une nouvelle génération éduquée et formé qui construira les bases d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternelle, plus démocratique respectueux des personnes au cœur d’une économie soucieuse des environnements culturels, naturels et sociaux.
Chartrand ( le syndicaliste) disait : « dites vous bien que lorsque vous arrêtez le combats, les adversaires qui font la promotion active du néo-libéralisme continuent de travailler la société sans arrêt eux! »
Vincent ! Puisqu'on te dit que c'est ILLÉGAL !....
En Grèce, une manifestation se termine dans le sang... Le fils d'un de mes amis a subit une semaine d'hospitalisation avec traumatisme crânien, côtes et tibia brisés à coup de chaînes de vélo par le très sympathique mouvement de l'Aube dorée. Un mouvement qui porte très mal son nom puisqu'il s'agit de néo-nazis plébiscités pour accéder au Parlement.
Fallait pas manifester.
En France, une loi est passée en catimini l'année dernière, avec l'approbation d'une majorité de gauche comme de droite : la réquisition et l'emploi de la force armée en cas de dérèglements sociaux majeurs. (A savoir que cela comprend les dérèglements économiques : les nécessiteux n'ont qu'à bien se tenir...)
France toujours : l'appel au boycott est devenu illégal, apparenté à du terrorisme économique !
Et dès les résultats du dernier scrutin présidentiel, la France se voit littéralement vendue, via ceux qui ont peur de perdre leurs acquits, aux voisins qui se délectent à l'idée de se partager le gâteau que représente ce pays encore riche mais si affaibli dans sa politique. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, vraiment.
Toujours est-il qu'il est plus que tant de lire ou relire Thoreau et d'appliquer comme on le peut, à son échelle, ce qu'il appellait "la désobéissance civile".
Amis outre atlantique, regardez comment la France va se prostituer par bêtise, et profitez de la distance qui vous sépare du vieux continent pour en tirer les conclusions pour votre avenir.
Le grand tord de nos institutions, c'est de fonctionner comme il y a trente ans, alors que tous les acteurs du pays ont compris que nous ne sommes plus dans la même configuration.
Les entrepreneurs écoutent les sirènes délocalisatrices de l'Est européen, les "bourgeois" ont sécurisé leurs placement, une partie des nouveaux paupérisés ont testé malgré eux la décroissance et ont trouvé des solutions. Restent ceux qui bossent et sont trop fatigués pour imaginer, et ceux qui croient en une croissance infinie dans un monde fini.
Suis hors sujet car je ne connais ces nouveaux décrets au Québec, c'était juste un soutien amical entre humains qui tentent de changer quelques petites choses fondamentales.
Peut être qu'il faut relancer l'internationale :-)
Finalement c'est Melanchon qui est dans le vrai!!! ;-)
Chantal, j'y suis passé plus tard, après que la police ait repris le contrôle du carrefour Ontario-St-Denis, le feu était encore là et avant que ça ne dérape sur les terrasses de café. C'était très clame et très bon enfant à ce moment. St-Denis était fermé vers le nord au niveau de Maisonneuve, aucune tension, je suis allé sur Ontario par l'allée des bouquinistes.
Sur Ontario, les pompiers n'étaient pas encore arrivés et le cordon face au jardin de la bibliothèque était calme. Je suis reparti dans les Noirs sont venus remplacer les Fluos et ont commencé à pousser vers Berry, laissant complétement tomber l'allée derrière la bibliothèque.
Je suis rentré par la ruelle entre les bars puis par St-Denis en traversant à l'envers le cordon de police toujours au bord de Maisonneuve.
Rien ne présageait que ça dégénère quelques minutes plus tard, si ce n'est la fatigue de la police, la volonté du gouvernement de créer du chaos social et la licence de frapper que cette loi offre aux casseurs en uniforme.
À Navajo et Bernard, merci d'élargir la vue à partir de ce simple témoignage.
Effectivement, on n'est pas dans du fait-divers, du « casseur » ou du mouvement corporatiste, mais dans l'expression multiforme d'une compréhension de l'injustice, de l'indignité et du sabotage de notre monde ainsi que du refus de cette situation.
Et c'est ça qui est intéressant et prometteur. D'autant plus vu du Québec, qui semblait pas mal dormir sur ces questions d'engagement politique.
Et comme tu dis Bernard, il y a de multiples façons de participer. à tous âges : en première ligne, en parlant, en témoignant, en expliquant, en agissant dans les partis, en agissant sans les partis...
À Olivier - mais de quel Olivier s'agit-il ? j'en ai plusieurs en Europe et en France, il me manque un indice ;-),
Nous ne sommes pas ici en Grèce, ni même en France, le degré de violence est beaucoup plus bas, tout autant que la tolérance des uns et des autres à cette violence. On ne voit certainement pas de militants pro-nazis en découdre avec d'autres manifestants; les provocations envers les policiers sont un mélangent d'insultes ou d'appels à rejoindre le mouvement; les projectiles sont rares.
Avant la loi spéciale, quand il est arrivé que les anti-hausse (carrés rouges) marchent le même soir que les pro-hausses (carrés verts), les organisateurs ont pris bien soin qu'ils ne se croisent pas.
Depuis l'annonce de la loi 78, ils marchent ensemble...
Je ne veux pas minimiser la gravité des blessures reçues ni l'humiliation des arrestations, mais on n'est pas dans le même registre et c'est tant mieux. Cela permet de sonner l'alerte plus tôt, de mobiliser l'esprit de refus plus tôt aujourd'hui.
Ici, pour l'évoquer, il faut parler de « réfléchir à la désobéissance civile » plutôt qu'y appeler.
À part ça, c'est effectivement très semblalble.
Oui Bernard, c'est la lûûûtte-finâââle ! Il faudrait que les manifestants comprennent que c'est le poing gauche qu'il faut lever, apprendre quelques couplets - avec la Marseillaise d'ailleurs.
Et oui pour Mélenchon, je l'avais choisi au premier tour ! ;-)
M... c'est le point gauche?
Je savais bien que je me trompais quelque part.
internationale?
http://www.radiovl.fr/la-loi-78-nar...
Le 22 mai à Paris aura lieu une manifestation dans le but de soutenir les étudiants québécois qui se rassembleront, en synchrone, au Canada pour protester contre la loi dite 78, une loi aux dispositions liberticides.
Tout est parti d’un projet : celui d’augmenter de façon non négligeable les frais de scolarité au Québec sur 5 ans. En trois mois une onde de révolte s’est ensuite propagée au travers des établissements universitaires québécois entrainant les étudiants dans les rues pour revendiquer leur droit à l’éducation. Ils craignent, dans un avenir proche, l’abandon de nombreux jeunes devant les difficultés grandissantes d’accès à l’enseignement supérieur.
Aujourd’hui 14 collèges universitaires sur 48 et 11 des 18 universités sont bloqués. Le ministre de l’Education, à l’approche de la fin de l’année et redoutant une annulation des examens, a conçu une loi. Ce texte avait originellement pour but de « pouvoir étudier sereinement, correctement et pacifiquement dans tous les établissements du Québec » et de « réorganiser le calendrier scolaire ». En liminaire la loi dite « 78 » restreint le droit de manifestation. Son adoption en fin de semaine dernière déclencha immédiatement un vent d’insurrection, les étudiants en pleine nuit se sont rendus dans la rue pour crier leur mécontentement. A la lutte contre les inégalités, ici scolaires, s’est alors superposée une revendication aux accents « droit de l’hommiste ». Restreindre la possibilité de manifester revient en quelque sorte à limiter la liberté dont découle la possibilité de se rassembler. Or, la liberté n’est pas à proprement parler un droit subjectif dans le sens où elle ne peut avoir de titulaire. Chacun d’entre nous est libre en raison de son humanité. La liberté à défaut d’être un droit subjectif fait cependant naître un devoir, celui de ne pas y porter d’atteinte.
Les médias parlent de « révolution », de « printemps érable », les étudiants n’hésitent pas à prendre pour modèle Gandhi, fer de lance de la désobéissance civile. Tocqueville dans son ouvrage De la démocratie en Amérique évoquait les dangers de la démocratie, ils peuvent être palliés mais il n’y a pas de solution institutionnelle qui garantisse définitivement les libertés démocratiques. Il poursuit en soulignant que c’était de là d’où découlait l’importance de la prise de conscience de la population et de son apprentissage de la démocratie. C’est bien ce que les étudiants québécois semblent avoir entendu et veulent désormais faire entendre. Pour rejoindre le mouvement rendez vous le 22 mai à 18h devant la fontaine place Saint Michel à Paris.
Laurença d’Orey