La vidéo du 4 septembre (en anglais) publiée par MOXNEWSd0tCOM présente bien l'alerte comme plutôt vague et liste des conseils spécifiques comme « See something, say something » ou « Don't appear overly american » (Si vous voyez quelque chose, dites-le ; Ne semblez pas trop américain)...

Mais, ça marche encore, la peur ?

En dix ans, nous avons eu largement le temps d'apprendre à prendre ces nouvelles avec un grain de sel. Nous savons qu'il n'y a aucune preuve liant Oussama Ben Laden aux attentats du 11 septembre 2001, que les « pilotes » n'en étaient pas vraiment, que les listes de passagers sont complètement délirantes sur la répartition des barbus à cutter. Nous avons aussi appris qu'une démocratie peut très bien utiliser la peur et le mensonge sur ses propres électeurs pour justifier des guerres de rapine, en Afghanistan, en Irak ou en Lybie et assurer une certaine impunité aux prédateurs privés et publics qui accompagnent les soldats.

En dix ans, avec la couverture qu'ils ont eu sur Internet et au-delà, tout le monde a eu le temps et les moyens de se faire une idée sur ces terribles événements, sur les causes et les conséquences de la mort de ces New-yorkais innocents. Ces causes et conséquences sont d'ailleurs souvent la mort d'autres individus, en nettement plus grande quantité, ailleurs dans le monde, comme une chaîne de mort et de désolation qui semble ne pas s'arrêter, mais atténue l'effet d'unicité et de surprise qu'on aime souvent attribuer à cette journée.

Mais alors, pourquoi après dix ans de recherche de la vérité, de confrontation de preuves, de commissions bidon en analyses sérieuses, nos gouvernements peuvent-ils encore croire que la politique de la peur puisse fonctionner sur nous ? Ça m'étonne toujours. Et vous ?

Dix ans après, qui sont nos dirigeants, si je me limite aux pays qui me concernant plus directement ici ?

Au Canada, Harper qui fait du bushisme après Bush – déjà que c'était ridicule d'en faire avec, mais après... Les soldats canadiens participent la ratonnade afghane à défaut de celle d'Iraq et le pays a perdu son rôle pacifique dans le monde.

En France, Sarkozy, qui, ministre de l'intérieur d'un gouvernement opposé à la guerre en Iraq, était déjà allé commémorer à New-York les cinq ans des attentats et expliqué qu'il était pour cette guerre. Aujourd'hui, il mène les opérations de re-colonisation armée en Lybie et en Côte d'Ivoire pour y placer les nouveaux satrapes.

Aux États-Unis, Obama, à évoquer sans rire : le gars de Guantanamo, d'Iraq, du Honduras, d'Afghanistan. Le symbole de la déception en politique.

Alors ? Alors, ça marche encore, la peur. Et si en plus ça peut masquer le réel état du capitalisme financier, c'est coup double. Il n'est même pas besoin que cela marche à l'infini. Juste le temps que tout se détériore, que le monde civilisé s'écroule. Des dictatures plus classiques pourront alors prendre le relais car dans la tourmente, l'électeur ne se tourne que rarement vers le beau risque de la collectivité et de la solidarité.

N'oubliez pas d'avoir peur, en tout cas. Vous leur ferez plaisir.

Youtube - Worldwide Terror Alert Issued! "I Don't Know Of A Previous Occasion They Issued An Alert Like


Et bien, c'était le 200e bilet de ce blogue...