On retrouve, dans un environnement très aqueux – brouillards persistants, moiteur angoissante, pluies fréquentes, ruisseau gonflé et barrage à construire – un jeu entre sa vie personnelle passée et le présent vécu par l'équipe et les habitants du hameau, face à face. Des allers-retours entre son microcosme intérieur et le macrocosme dans lequel il a choisi de vivre pour s'éloigner de sa vie antérieure, qui l'aident à comprendre ou simplement accepter les autres et leurs propres histoires.

Le narrateur offre finalement souvent un comportement de sage même si on sent qu'à l'intérieur de lui-même, il n'a pas vraiment trouvé de sérénité et continue à chercher une forme de rédemption et de paix dans cette vie de défricheur de vallées pour barrages et dans les gestes des autres.

Et dans ce conte moderne et magique à la fois, on accepte facilement ce hameau vivant en autarcie, inconnu de l'extérieur, ses habitants et leur logique d'abnégation, leurs pratiques collectives rituelles, leur sauvagerie vis-à-vis de leur conception de l'honneur et jusqu'au bout, on se demande quelle sera leur réaction finale face à ce projet destructeur de leur milieu de vie. Une forme aussi de l'éternel combat entre la modernité électrique et la tradition.

Le convoi de l'eau, Akira Yoshimura, 2009, Actes Sud

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