Les personnages et les situations de ce monde font références à de nombreux contes classiques mais transformés, avec des Hansel et Gretel différents, une Blanche-Neige obèse et tyrannique et sept hilarants nains communistes... Mais les rencontres et les épreuves ne sont pas là comme une succession sans raison et suivent une progression liée à l'âge et les personnages laissent peu à peu découvrir leur origine : les rêves ou les cauchemars d'autres enfants passés par là auparavant.

L'enfance est très présente dans ce monde magique mais sous des formes angoissantes : enlèvements, plantes à yeux, animaux hybrides, notamment lors de l'épisode extrêmement sanglant de la chasseresse perverse. Et d'ailleurs, beaucoup de scènes sont assez sombres et cruelles et nous tiennent loin du repos tranquille du conte classique.

L'autre thème fort est celui du Mal, choisi par un enfant pour assouvir une colère ou une petite vengeance, mais qui se paye cher à l'Homme Biscornu par un pacte faustien qui l'emprisonne à vie. En toile de fond de ce thème, toute l'histoire se déroule dans une pénombre continue, le jour n'étant pas beaucoup plus éclairé que la nuit et même les scènes londoniennes revêtent une certaine grisaille.

Les différents évolutions du garçon, sa peur, ses rapports aux autres, la construction de son assurance, sa progression vers l'age adulte, sont bien rendus et on le suit avec sympathie, plaisir et appréhension pour lui dans sa quête du Livre des choses perdues.

Le dernier thème, que l'on apprécie toujours dans un cercle de lecture : l'histoire qui parle d'autres histoires avec en plus des livres qui murmurent entre eux pour s'exprimer depuis leur étagère.

Retrouvez les autres commentaires du cercle de lecture.

Le livre des choses perdues, John Connolly, 2006.