Une ode à la fraternité ou la sororité comme lien de retrouvailles, comme ressourcement d'amitié : « Aujourd'hui, elle est ma meilleure amie. Ce truc à la Montaigne et la Boétie, vous savez... Parce que c'était elle, parce que c'était moi. Et que cette jeune femme de trente-deux ans soit ma sœur aînée est tout à fait anecdotique. Disons un petit plus dans la mesure où nous n'avons pas perdu de temps à nous trouver. »

Et c'est l'occasion d'évoquer ces amis célèbres : « À elle Les Essais, les super théories, que l'on est puny pour s'opiniaster et que philosopher c'est apprendre à mourir. À moi le Discours de la servitude volontaire, les abus infinis et tous ces tyrans qui ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. À elle la vraie cognoissance, à moi les tribunaux. À nous deux l'impression d'estre la moitié de tout et que l'une sans l'autre ne serait plus qu'à demy. »

Et derrière la balade, on se dit que rien n'a changé – si ce n'est l'orthographe – et que les classiques d'hier sont autant d'appuis solides à notre édification d'aujourd'hui. Exemple : la petite poule rousse du Père Castor ! « C'est beau comme de l'antique ».

Et la musique !  L'histoire est truffée de références musicales qu'on chantonne en lisant sans même avoir à cliquer sur les mots du livre en papier. Vraiment un bon moment de passé dans cette lecture, mais aussi un bon exemple de moments à passer en faisant un pas de côté. Qui m'accompagne ?

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L'échappée belle, Anna Gavalda, Ed. Le dilettante, 2009