Mais coudon, qu'est-ce qu'il faut faire pour que ça change?
Par Vincent François le dimanche 12 septembre 2010, 00:19 - General - Lien permanent
« Que faire ? » écrivait déjà Lénine il y a un siècle – le propos n'est donc pas neuf ! Est-ce qu'il faut attendre quelqu'un à suivre, un sauveur?

En sortant de la réunion publique de fondation du Groupe MCN21, sur mon petit vélo, je repensais à ce que j'avais longuement répondu à la caméra de Julie Kelly pour son documentaire. Et arrêté à l'ombre sous les pins du parc Maisonneuve, je retrouve ce petit texte en relation qui somnolait au fond du disque dur.
Ma réponse : il ne faut surtout pas attendre, et surtout pas suivre. La vie n'est pas un supermarché, pour y choisir des idées, en fonction de leur fraîcheur, des promotions du moment, des modes passagères de consommation.
Les problèmes d'aujourd'hui sont exactement les mêmes que ceux d'hier. C'est assez criant avec ce que nous mettons en avant chez MCN21 qui entre en résonance avec les discours de René Lévesque. Idem quand on lit Marx. Derrière certains choix de mots légèrement démodés transparaissent des réalités de rapports sociaux parfaitement identiques.
Une amie me disait tristement « il n'y a a plus en ce moment d'idée, de gens enthousiasmants à suivre », elle ne se reconnaîtra pas, elle ne lit pas ce blogue. Mais, ce dont nous avons besoin, c'est simplement d'arrêter de croire les mensonges habituels; c'est-à-dire de penser par nous-mêmes.
Et arrêter de pleurer les leaders perdus de jadis, dont on croit devoir regretter la disparition. Ceux d'aujourd'hui existent, on peut les nommer et les soutenir. Ils n'ont pas la vie facile : les bâtons dans les roues d'un côté, l'abandon de l'autre.
Fatalité
Une autre idée à remettre en cause est : l'ordre des choses est dû à un quelconque mérite ou une quelconque fatalité.
C'est de la bouillie justificatrice des inégalités du moment et un mantra pour les cercles qui rêvent d'un jour partager le bon côté de ces inégalités.
On n'est pas obligé de considérer la fatalité comme un futur, même dans notre situation actuelle de réchauffement climatique, de dépletion du pétrole, de destruction sans retour de la biodiversité, de crise économiques à répétition. « Les choses finissent toujours par s'arranger, même mal. » chantait Lavilliers. Il restera toujours quelque chose. Et puisqu'on ne sait pas ce qui va rester, justement, c'est de se lever et de se battre qui est une voie de dignité. Et c'est de se lever et de se battre qui fait que ça change. Mécaniquement.
Le changement, c'est nous, c'est ce que nous faisons qui commence le changement. C'est pas quelque chose qui vient après qu'on a agit. Ça commence dés le premier geste. Et non seulement se déploie un effet d'entraînement mais de plus, c'est nous le peuple, we the people, qui sommes la justification des décisions qui sont prises au niveau collectif.
Et il y en a pour tout le monde : quelque soit le niveau d'implication, le sujet, les capacités, il y a un sujet pour chacun d'entre nous. Et si on peut se sentir intimidé à changer le cours de l'Histoire, il n'y a qu'à se rappeler avec Daniel Ben Saïd d' « agir sur la partie non fatale de l'Histoire ».
Le peuple, ce gros mot !
Sans parler de spiritualité, d'individualisme ou de sens de la vie, pour ce qui est du niveau pratique, on doit agir au niveau collectif : par et pour le peuple. Ça ressemble à des gros mots dans de gros sabots. Mais la réalité n'est pas faite de mot, même gros. C'est extrêmement simple. La notion ensuite d'organisation, la forme que prendra cette action, n'est qu'un outil pour se faciliter la vie et tenter de rechercher à gagner son droit au bien-être.
Le droit à lutter contre la précarité est sans doute un des moteurs les plus nobles de l'évolution humaine. Et peut-être y a-t-il réellement un sens à tout ça. Quoiqu'il en soit, il y a certainement un sens à chercher ce sens dans cette action, dans cette lutte contre la précarité.
Une autre relation est possible
On sait depuis la naissance qu'il existe d'autres relations entre les humains que les relations marchandes. On le sait, on le voit tous les jours : on a des parents, des sœurs, des enfants ; on a des amoureuses, des amants, des collègues, des frères d'armes... C'est de l'expérience vécue, concrète, pas de l'utopie.
Et pourtant, pourquoi tolérons-nous que nos relations humaines soient si souvent organisées sur les principes pervers de concurrence « libre et non faussée », sur les règles de la guerre de tous contre tous ? Ne voyons-nous pas qu'il suffit d'élargir nos autres modes de relation et de leur laisser la place occupée par les idéologues soi-disant pragmatiques d'aujourd'hui ?
S'informer, informer
Depuis des années que je m'informe et que je partage cette information autour de moi, je reste toujours atterré par l'absence d'intérêt chez tant de personnes. Et par les excuses qu'ils trouvent pour ne pas en savoir plus, pour rester confortablement dans l'ignorance. Et quand un problème survient, ils restent confortablement surpris les yeux écarquillés : ça alors ! La propagande, pour fonctionner, demande bien sûr un propagandiste, mais aussi des oreilles qui ont envie de l'entendre et qui y trouvent même un refuge, une consolation dans ce que leur dit la propagande. L'homme, comme le lapin, s'attrape par les oreilles.
Voulez-vous leur tendre les vôtres ?
Commentaires
En écologie, je crois que vouloir lutter sur tous les fronts.... Contre la bêtise et l’égoïsme humain le combat est pour le moment celui de David contre Goliath... Pour que David puisse vaincre il lui faut s'organiser.... Et en particulier ne pas se disperser. Il faut commencer par lutter contre un seul objectif en frappant très fort ! Fort de ce succès imposant le respect il sera plus facile de poursuivre un combat ...
Aujourd'hui le pire ennemi est le combustible "vert" qui n'a de vert que le nom.
Il produit autant de gaz carbonique et d'oxyde de carbone que les autres.
Il détruit l'agriculture alimentaire et la nature tout court.
Il permet de maintenir en vie une chaine de production énergétique par la combustion qui ne devrait plus exister !
Son nom entretient l'illusion qu'il existe une énergie propre, alors qu'il n'est même pas possible de démontrer qu'elle soit durable ....
A BAS LA PROPAGANDE MALHONNÊTE ET CEUX QUI LA PROPAGENT
Tout à fait d'accord avec toi, Yves, sur les dégats des « nécro-carburants ».
Ceci dit, j'ai cru comprende que Goliath, atteint de gigantisme, lourd et lent, n'avait que peu de chances face à un David, prompt et habile.
Le problème avec nos Goliath d'aujourd'hui c'est qu'ils menacent de détruire non seulement le David mais aussi tout le décor!