Toronto (I)
Par Vincent François le jeudi 31 décembre 2009, 09:15 - Monde - Lien permanent
Say it in English
Dans le cadre de cinq jours de formation que je viens de donner, en anglais, à Toronto, j'ai eu l'occasion de connaître un peu plus cette ville. Au-delà de préparer mon matériel en anglais, de me débrouiller en anglais, mon véritable défi qui m'a a plusieurs reprises assez angoissé, était la première heure que j'allais passer avec mes élèves, en anglais. Qu'est-ce qu'il allait sortir de ma bouche? The bouillie? Un big blanc?
Ayant repéré que seule cette première prise de contact m'inquiétait réellement, je m'y suis préparé à partir d'une heureuse idée de Daniel Breton, en mettant les rieurs de mon côté. J'ai donc immédiatement commencé par me nommer en expliquant que, comme ils pouvaient rapidement s'en rendre compte à mon accent, je n'étais pas né à Toronto, ni même au Québec, mais en France. Et que depuis dix ans que j'apprenais le français du Québec, je m'attaquais désormais à l'anglais pour les dix années à venir, avec leur aide... Ouf, il ne restait plus qu'à être crédible sur le fond pour l'emporter.
Et les retours que j'ai reçus m'ont confirmé que la partie avait été gagnée. Le défi suivant est maintenant pour moi de donner ces formations dans un anglais de meilleure qualité, mais la barrière de la langue est sautée et j'en suis assez fier.
Un Canadien au Canada?
À Toronto, j'ai vraiment l'impression d'être un étranger. À peu près autant qu'à Los Angeles, voire autant. Avec une nette différence : au moins à LA règne un petit côté déjanté, peut-être pas magique, mais excentrique qui vient s'ajouter au délire américain et qui vient, si ce n'est l'excuser, au moins le colorer sympathiquement. Quitte à être dans l'excès, autant être fou.
J'ai vraiment l'impression d'être un étranger à Toronto. Je ne me sens vraiment pas dans la peau d'un Canadien au Canada, ce que je suis, tout de même. Pas un instant. D'ailleurs, je n'ai pas non plus l'impression d'être un Canadien au Québec, mais au moins me sens-je un minimum québécois. Très certainement la langue joue-t-elle beaucoup dans ma perception. Mais ça en dit long justement pour moi sur l'importance de vraiment partager une langue pour vivre ensemble.
D'ailleurs, cette prise de conscience devant ma faiblesse en canadiannité et la lecture de Mon pays métis de John Saul me donnent un point de départ pour me lancer dans cette question à laquelle je n'ai toujours pas vraiment de réponse : le Canada, kessa donne? À suivre sur ce blogue...


Commentaires
Salut Vincent,
1) il faut parler anglais avec son accent français régional à couper au couteau, seuls imbeciles feront semblant de ne pas comprendre...je me souviens d'une conférence avec un texans qui parlait avec une papate dans la bouche, tous le monde souriait gentiment en faisant semblant de comprendre mais pipait un mot sur deux
2) heureusement que tu nous as écrit le mail en français car quand c'est en anglais, il s'agit géneralement d'un virus ou d'une arnaque (c'est mon antispam qui me le dit...) . Bonne maniere à conserver , donc !
ceci dit meilleurs voeux a tous les 5