La première réponse qui me vient à l'esprit est de raisonnablement penser que seule l'éducation et l'information des représentants du peuple peuvent leur permettre de trancher le débat au mieux de l'intérêt général et patati et patata... Mais soyons sérieux, ou réalistes : manifestement – lorsqu'ils ne sont pas absents lors des votes – les députés français ne savent pas de quoi ils parlent avant de voter en notre nom. Je vous livre ci-dessous un florilège de réponses de certains d'entre-eux en plein débat sur la loi Hadopi, à une question portant sur ce que sont le peer to peer et le streaming, sujets centraux de cette loi.

« Morceaux choisis : « c'est quelque chose de très positif et qu'il faut encourager » (un UMP qui, selon toute vraisemblance, devrait voter cette loi anti-peer-to-peer), « je sais ce que c'est mais c'est difficile à expliquer » (pas tant que ça puisque d'autres députés y arrivent), « je ne sais pas ce que c'est mais mes fils le savent et j'ai des doutes sur ce qu'ils font sur mon ordinateur » (aïe : selon la loi, c'est lui qui sera sanctionné, pas ses fils…) et, last but not least, « moi, je parle français, excusez-moi ».

Rue89 : Hadopi : des députés un peu déconnectés…

Alors, convaincre encore des gens qui au prétexte qu'ils sont ignorants n'en sont que plus méprisants ? Ou agir en les ignorant – ce qu'ils font déjà, qui nous coûte collectivement très très cher et qui les justifiera de continuer ce suicide collectif ?

On peut aussi se souvenir du CPE, le Contrat Première Embauche. La population était opposé, la droit du travail international aussi, la réflexion en montrait l'imbécilité et pourtant les godillots de la droite s'étaient forcés à le voter. Et le Président de la République de l'époque, Chirac, avait finalement promulgué la loi mais – fait inouï – demandé de ne pas l'appliquer.

Résultat, la loi a été finalement reconnue illégale et abandonnée. Et sans en convaincre ses promoteurs...

Au Québec, nous avons aussi l'exemple des centrales à gaz du Suroît et de Bécancour, catastrophe écologique et économique, bloquée pour l'une, abandonnée pour l'autre. Sans convaincre non plus ceux qui ont voulu les passer en force.