« c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. »

Discours de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi, 10 juillet 2007

En fait, si je ressors cette niaiserie gouvernementale de 2007, c'est parce qu'elle résonne si bien avec les propos prêtés aux policiers qui ont arrêté les « terroristes de l'Ultra-Gauche » de Tarnac, cités par Marianne2 :

« Tu as de la merde dans le cerveau parce que tu as lu des livres. »

Marianne2.fr, « 9 de Tarnac : c'est le gouvernement qui est ultra gauche », Juan

Et tout ça me rappelle furieusement l'excellent Fahrenheit 451 de Ray Bradbury avec ses pompiers futuristes dont le métier est de brûler les livres, car – et c'est vrai – ils sont souvent une source de controverse. Il y a bien quelques rumeurs disant que dans le passé, les pompiers servaient à éteindre les feux et non les allumer, mais bon...

C'est là où ce gouvernement sarkozyste est fascinant, je découvre dans le Figaro une citation d'André Santini qui ferme ma petite boucle pour aujourd'hui :

« À quoi nous sert d'avoir une épreuve d'histoire pour les pompiers. Ou des gardiens de la paix à bac + 4. »

André Santini, « Nous avons atteint les limites d'un élitisme stérile », 29 novembre 2008

On y retrouve, condensé, le pompier qui pourra oublier ce qu'il est et le policier qui a peur de la lecture...

Et encore, j'arrête là avant de rappeler le candidat Sarkozy qui, tel un vulgaire portail de camp de concentration, affirmait « Le travail rend libre », alors que nous savons bien, depuis Orwell et 1984 que « la liberté, c’est l’esclavage »! Mais on l'a élu, hein. En connaissance de cause, non?