Go West
Par Vincent François le dimanche 16 mars 2008, 18:00 - Los Angeles - Lien permanent
Fin de CSUN 2008. Les congressistes regagnent leurs avions, remplissant les navettes de toutes les couleurs qui tournent autour de LAX. Je salue mes collègues et retourne écouter ma dernière conférence. Un dernier tour aux stands pour une dernière inscpection des technologies. Un dernier arrêt au bord de la piscine pour enfin lire sérieusement le guide du routard que j'ai emmené, un dernier arrêt pour ramasser les courriels au Sheraton voisin et à moi la West Coast!
Flottant dans le confort d'un congrès international, nous oublions, ou simplement, ignorons les faits se déroulant à côté et qui donnent des coups de boutoirs de plus en plus forts aux fragiles fondements de notre mode de vie économico-centré : émeutes pour se procurer du pain en Égypte; émeutes à Boca Raton pour l'attribution de dossiers de demande de logement; prix de la farine multiplié par 2 en une semaine aux États-Unis; perte de contrôle de la Fed de la crise des subprimes qui dégénère. Au moment où j'écris ceci, un gros cafard traverse prudemment le lobby du Sheraton... Amusant! J'aurais dû le photographier pour illustrer mon propos... En route! Je trouve le bus qui m'enlève du quartier des hôtels de l'aéroport et je pars!
Arrivée à Santa-Monica
Après une petite marche au hasard des rues depuis Lincoln Boulevard jusqu'à la mer, j'arrive dans un petit café très sympathique, diffusant un arrangement de la musique de Brazil avec accès internet gratuit pour les clients. Très coloré, les murs recouverts de drapés, un fort vent en ouvre régulièrement la porte et renverse le contenu des tables grossièrement peintes en jaune.
Dehors, la rue Main déroule sa population diverse sous le soleil. De drôles de voitures passent dehors avec un bruit sourd, des espèces de bricolages chromés m'as-tu-vu...
La seule de prise de courant est sous le banc sur lequel est assis une grande femme en rouge. Les 4 types, dont je suis, assis aux tables autour, doivent passer sous sa table pour brancher leur prise de courant. Gêne, sourires et fous rires de sous-entendus...
Je sens que je vais me plaire quelques jours dans ce quartier. Mon plan est de trouver un hôtel pas cher, de louer un vélo et de partager mon temps entre quelques raids le long du Pacifique et vers la montagne - peut-être San Fernado Valley, je ne sais pas si c'est loin - et rester ici à écrire, travailler un peu et profiter de la coupure avant de retourner pelleter dans la neige.
La végétation! J'y reviendrai plus tard. Je vais chercher mon hôtel et surtout me baigner!
Commentaires
Crise des subrimes : une explication simple pour ceux qui essaient encore de comprendre.
(inspiré d'un blog)
Alors voilà,
Me Ginette a une buvette à Bertancourt, dans le Nord (ch'ti).
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses très fidèles clients, tous "alcoolo", et tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Me Ginette voit augmenter sa fréquentation et,
en plus, elle peut même augmenter un peu les prix de base du "calva"
et du ballon de rouge.
Ses créances deviennent assez importantes, mais elle tient (toujours/encore)
Max, jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui,
pense que les "créances" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Me Ginette
(il ignore ou pas qu'il a des dettes d'ivrognes comme garantie).
Au siège de la Banque, des "Traders" avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre, non sans expliquer que ces "actifs"
ont en réalité, 10 fois leur valeur annoncée : c'est sans danger..
La Banque récolte ainsi (n) fois la créance de Me. Ginette.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous, mais sur-côtées à chaque transaction (les ardoises des "alcoolo" de Me Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de plus de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les "alcoolo" du troquet de Bertancourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes ..
La buvette de Me Ginette fait faillite,
Max a été viré, les "traders" ne sont pas inquiétés,
pas plus que le grands "pontes" de la Banque.
Maintenant je lance le jeu de piste :
OU EST PASSE LE POGNON ?
le premier qui trouve a gagné !