Introduction

La bataille de la Moskowa[1] s'est déroulé les 5 et 7 septembre 1812. Le 5 a connu la prise d'une redoute avancée, Shevardino, le 6 a servi de préparation à la journée du 7 qui a été une des batailles les plus sanglantes de l'histoire.

Nous rejouons cette journée du 7 septembre 1812.

Les 6 protagonistes sont :

  • Koutousov, commandant en chef russe: Bill Borys,
  • Bagration, commandant l'aile gauche russe: Robert Deragon,
  • Barclay de Tolly, commandant l'aile droite russe: Pierre Labrèche,
  • Napoléon, commandant en chef français: Vincent François,
  • Eugène, commandant l'aile gauche française: Alain,
  • Davout, commandant l'aile droite française: Louis Lussier.

Le jeu est La bataille de la Moskowa de GDW, un jeu antique, réédité en 1976 à partir de celui original de Martial Games. Les pions représentent de bataillons d'infanterie, des régiments de cavalerie et des batteries d'artillerie. Vue d'ensemble à 7:00

Déroulement de la bataille

6:00

Davout et Ney appuyés par Latour-Maubourg avancent.

Accrochage entre un régiment de lanciers polonais surpris dans une embuscade dans les vergers d'Utitsa.

Eugène marche sur Borodino, déploie son artillerie et tire sur les Jägers de la Garde russe.

Les Russes, au nord, franchissent difficilement la Moscowa en direction de Borodino. Les cosaques de Karpov s'avancent sur la vieille route de Smolensk. Les renforts commencent à affluer dans Borodino.

7:00

Attaque d'ouvarov et de Platov Au nord, Barclay déploie, pour appuyer Borodino, derrière l'écran des LifeGuard Jägers, les cosaques de Platov appuyés du Ier corps de cavalerie d'Ouvarov, puis charge l'infanterie française. Les chasseurs en grandes bandes de tirailleurs s'enfuient paniqués par les masses de cavalerie russe et provoquent la déroute de 3 régiments d'infanterie au grand complet plus une batterie alliée qui les escortait. Mais Eugène, efficacement secondé par Lobau tout juste arrivé, restaure l'ordre, contre-attaque et s'avance en même temps dans Borodino. À l'est, grenadiers combinés et opoltchénié se suivent sur la grand route vers la ville.

Lariboisière forme une grande batterie Devant les flèches de Bagration, Lariboisière forme une efficace grande batterie qui fait pleuvoir la mort sur les défenseurs russes. Ceux se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir sous ce déluge et si l'artillerie de réserve russe arrivera suffisamment à temps pour pouvoir riposter.

Autour d'Utitsa, dans les bois et dans le verger, les Français avancent.

Bagration a reçu le commandement du VIII corps, de Borozdin, déployé sur les flèches.

7:20

La mêlée continue au nord de Borodino et à Borodino même

Devant Semenovskoie, le défilé d'artillerie française continue alimentant la formidable grande batterie qui fait taire l'artillerie russe des flèches. Malgré la protection würtembourgeoise l'artillerie russe met à mal quelques batteries de la Garde Impériale qui n'ont pas respecté les signaux et ont franchi à découvert le ravin.

7:40

Repli d'Ouvarov Au nord les Russes se regroupent et se replient en bon ordre. Borodino est solidement défendue et soutenue par la milice de Smolensk. Une forte artillerie se déploie.

Destruction de l'artillerie russe sur les FlèchesLes Français détruisent les batteries de renfort russes au fur et à mesure de leur arrivée. Koutaisov envoie régulièrement des canons de réserve qui à défaut de s'aligner auprès de leurs prédécesseurs, les remplacent pour succomber à leur tour aux tirs croisés de Lariboisière et Sorbier.

8:00

Arrivée de Poniatowsky à la tête du V Corps, polonais. Il se dirige droit sur Outitsa, par la route de Smolensk que les cavaliers français dégagent devant lui.

Sur les flèches, l'artillerie russe s'est tue, Koutaissof désespéré a arrêté d'y envoyer ses canons de renforts, ceux-ce se faisant détruire au compte-goutte dés leur arrivée sur place. En revanche, il les déploie autour de Séménovskoïe pour contre-balancer l'artillerie de Ney et celle de Sorbier qui appuient l'attaque de Davout.

À Borodino la mêlée fait rage. Les faubourgs ouest tombent aux mains des Français et des Italiens d'Eugène, puis sont partiellement repris par un régiment de mousquetaires russes. L'opoltchenié vient former une seconde ligne dans la ville. Barclay de Tolly est aux avant-postes dirigeant les tirs et les contre-attaques.

Sur le plateau au nord de Borodino, la confusion s'installe. Ouvarov désengage et regroupe son Ier Corps de cavalerie. Les Français en profitent pour se rabattre sur le nord de Borodino et efficacement soutenus par l'artillerie anéantissent le régiment de Life Guard Jägers qui défendait l'entrée de la ville.

Ouvarov tente alors de s'infiltrer dans le dispositif français en lançant ses uhlans de Pologne et en conduisant lui-même une charge de dix sotnias de cosques du Don. Il voit même son cheval tué sous lui pendant la charge. S'accrochant au terrain, utilisant toutes les aspérités et se couvrant les uns les autres, les chasseurs de deux bataillons des 13ème et 15ème régiments d'infanterie légère font échouer cette attaque. Au prix de lourdes pertes, ils laissent le temps aux renforts français de retourner la situation.

8:20

Un premier régiment d'infanterie déployé en ligne de bataillons est arrivé au contact des flèches où s'engage une fusillade furieuse.

Un sérieux duel d'artillerie s'engage entre Ney et les Russes à Séménovskoïé.

L'opoltchénié tente désespérément de tenir dans Borodino.Au nord de Borodino, la contre-attaque française est fulgurante: le régiment de uhlans de Pologne est anéanti, 3 batteries sans défense sont culbutées, 2 sont capturées. Les Français sont en vue du pont par lequel arrivaient à Borodino les renforts russes. L'opoltchénié tente désespérément de tenir dans Borodino. Les renforts russes semblent se résigner à ne pas rentrer dans la ville et se contentent de se déployer à l'est de la Kolotcha.

La cavalerie d'Ouvarov lance des charges pour soutenir efficacement la milice russe. Ouvarov perd un second cheval tué sous lui en moins de 20 minutes! Les Cosaques de Platov se regroupent en commencent un large encerclement d'Eugène.

Sur les flèches, une contre-attaque russe dévale de la position et déloge le 61ème de ligne, qui se regroupe derrière la grande batterie.

8:40

La bataille va bientôt entrer dans une seconde phase, les objectifs français de la première phase étant en voie d'être atteints.

Poussée française dans BorodinoÀ Borodino, la poussée française a conquis 80% de la ville, l'artillerie russe survivante est en train de battre en retraite à travers le pont vers l'est. Il ne reste pour défendre la ville que 4 bataillons d'opoltchénié de Smolensk, appuyés par 3 régiments de cavalerie d'Ouvarov, pressés vers la rivière.

Sur la plateau nord, le calme est revenu, chaque camp regroupant ses forces.

Contre-attaque française devant les flèches.Sur les flèches, les bataillons russes avancés sont contre-attaqués par 4 régiments de ligne français au complet.

À ce moment de la journée les pertes sont 30% plus importantes chez les Russes que chez les Français, notamment en artillerie où le ration est de 3 à 4 pour 1.

L'artillerie russe qui se renforce à Semenovskoïé ravage la grande batterie française. Sous un déluge de feu, le général Sorbier est le premier officier de son rang blessée et évacué du champ de bataille. De plus la batterie de la grande redoute écrase littéralement un bataillon de la Légion de la Vistule en route pour Borodino.

Les cosaques tentent un encerclement de GrouchyAu nord de la ville, un combat tournoyant reprend entre les cavaliers du Ier Corps de cavalerie russe, avec les Uhlans de la Garde en tête, soutenus par les cosaques de Platov, contre la cavalerie de Grouchy. Les hommes et les chevaux sont exténués. Ouvarov venu soutenir les défenseurs de Borodino se retrouve piégé au pied de la ville. La milice de Smolensk commence à dérouter le long de le rivière...

9h00

Uhlans de la Garde russeLes cavaliers de Grouchy encerclent avec succès le régiment des Uhlans de la Garde russe, mais ceux-ci se défendent avec acharnement, se reprenent et participent à leur tour à l'encerclement des chevaux-légers alliés et dragons français. Borodino est désormais complètement investie et l'artillerie française qui s'y installe porte ses coups au-delà de la Kolotchka. Au pied de la ville, les derniers miliciens et cavaliers d'Ouvarov en déroute cherchent un gué pour fuir les Français rendus maîtres de la ville et de la moitié du plateau immédiatement au nord.

Sur les flèches, Ney à la tête de deux régiments d'infanterie attaque à la baïonette et les soldats de Davout dépassent les premières flèches mais sont ramenés en arrière par une charge de hussards et de dragons russes. Au sud des flèches, la dernière batterie russe est conquise par la cavalerie de Nansouty qui se rabat après une charge sur un bataillon de mousquetaires russes mis en déroute. Siever à la tête du IVème corps de cavalerie contre-attaque et reprend les cannons tandis qu'à sa gauche, une autre contre-attaque capture 3 pièces de 6 françaises.Sievers

Devant Outitsa, les Polonais de Poniatowski ont le plus grand mal à déboucher et Toutchkov tient fermement sa position.

Le duel d'artillerie au dessus du ravin de Séménovskoïé continue à faire rage...Duel d'artillerie au-dessus du ravin de Semenovskoïe

920

Le VIIIème corps, commandé par Junot, se met en marche dans la vallé étroite au pied de Borodino. Cavaliers et fantassins westphaliens se faufilent à l'abri du feu de la grande redoute et en gravissent la façade nord.

Ouvarov se regroupeAu nord de Borodino, quelques escadrons de hussards dispersent les dragons et mousquetaires en déroute. Les Russes très engagés pour envelopper Eugène, se regroupent, les Cosaques restant à l'extrème-droite du dispositif.

De part et d'autre de la Séménovskaïa, le duel d'artillerie tourne à l'avantage des Russes, qui apportent toujours plus de batteries en renfort. L'Empereur se déplace personnellement pour constater la situation et prend immédiatement la décision de retirer l'artillerie de Lariboisière de cet enfer, puisqu'elle n'aide en rien ni l'attaque des Flèches, ni celle de la Grande Redoute.

Sur les Flèches, les mêlées d'infanterie se succèdent, sans résultat apparent. Au sud, les cuirasiers français et russes s'entre-choquent pour le contrôle de pièces d'artillerie des deux camps qui changent de main régulièrement. Une estafette de Koutousov vient d'arriver au quartier général de Bagration... Des changements sont à prévoir.

940

Déploiement du Régiment d'IllyrieÀ Outitsa, la pogression polonaise reste très faible. À gauche des Flèches, la manoeuvre d'esquive de la grande batterie se met en marche. Le régiment d'Illyrie s'est courageusement porté volontaire pour assurer la couverture de ce mouvement important.

Attque de JunotAu nord de la grande batterie, les cavaliers westphaliens mettent en déroute un bataillon de mousquetaires russes tandis que les régiments de ligne et de jägers se lancent à l'assaut des défenses russes. Depuis Borodino, l'artillerie française s'installe en force et les appuie d'un feu qui commence peu à peu à se règler.

Des deux côtés, la journée s'annonce longue et coûteuse en vies humaines...

Bibliographie

The Battle of Borodino, 1812

Notes

[1] Les Français l'appellent bataille de la Moskowa, pour rappeler que c'est la bataille qui leur a ouvert la route de Moscou, occupée 7 jours plus tard; les Russes parlent plus justement de Borodino.